Maroc : derrière la CAN, l’extermination des chiens errants à cinq ans de la Coupe du monde

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Au Maroc, une ombre inquiète les défenseurs des animaux. Derrière les grands événements sportifs et les images de fête, une autre réalité choque encore beaucoup de monde. Elle touche des milliers de chiens errants, et elle pose une question simple mais brûlante : comment protéger une ville sans faire disparaître les animaux qui y vivent ?

Une polémique qui dépasse largement le football

La Coupe d’Afrique des nations a rempli les stades et les rues. Dans quelques années, la Coupe du monde attirera encore plus de regards. Mais au milieu de cette vitrine sportive, des associations dénoncent une autre scène, beaucoup plus dure : l’élimination massive de chiens errants pour rendre les villes plus “présentables”.

Selon plusieurs organisations de protection animale, des centaines de milliers de chiens seraient tués chaque année. Les chiffres restent difficiles à vérifier, mais les témoignages, eux, s’accumulent. Et ils parlent de tirs, d’empoisonnements et de captures brutales. Le mot choque, mais il revient souvent : canicide.

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Pourquoi les chiens errants sont-ils si nombreux ?

Le problème ne vient pas d’hier. Il s’est construit peu à peu, avec les abandons, l’absence de stérilisation et le manque de suivi dans certaines zones. Quand un chien n’est pas stérilisé, il se reproduit vite. Quand plusieurs générations se croisent dans la rue, le nombre grimpe encore plus vite.

Dans les grandes villes comme dans les périphéries, les chiens trouvent parfois à manger près des marchés, des déchets ou des chantiers. Ils s’installent, puis ils se multiplient. C’est une réalité très visible, mais aussi très sensible. Car dès qu’un chien mord ou fait peur, la colère monte.

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Entre peur, colère et compassion

Beaucoup d’habitants disent avoir peur. Certains évoquent des morsures, des enfants effrayés, des groupes de chiens la nuit. D’autres, au contraire, rappellent que la majorité des chiens errants ne cherchent pas l’attaque. Ils fuient souvent l’humain avant tout. Ils ont surtout faim, froid, et parfois des blessures invisibles.

Dans ce débat, les émotions s’entrechoquent. Une personne peut aimer les animaux et se sentir en danger. Une autre peut vouloir protéger les habitants tout en refusant la violence. C’est là que tout se complique. Et c’est aussi là que les solutions rapides montrent leurs limites.

La méthode TNVR, souvent présentée comme l’alternative

De plus en plus d’associations défendent une autre voie : TNVR, pour capturer, stériliser, vacciner puis relâcher. L’idée est simple. On capture le chien de façon propre, on le soigne, on évite qu’il se reproduise, puis on le remet dans son territoire.

Pour ses soutiens, cette méthode est moins violente et plus utile sur le long terme. Elle permet aussi de limiter les risques sanitaires, notamment la rage. Surtout, elle évite le cercle infernal : tuer aujourd’hui, puis revoir les mêmes problèmes demain.

Pourquoi cette solution divise-t-elle autant ?

Parce qu’elle demande du temps, de l’argent et une vraie organisation. Castrer, vacciner et suivre les animaux coûte plus cher que les faire disparaître vite. Il faut aussi des vétérinaires, des structures, du transport et un contrôle sérieux.

Résultat, beaucoup d’associations disent que la convention signée en 2019 existe sur le papier, mais qu’elle est encore trop peu appliquée. Sur le terrain, les pratiques varient selon les villes. Et c’est justement ce flou qui nourrit la colère.

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Une image du pays qui se joue aussi maintenant

Le Maroc veut montrer un visage moderne, accueillant et prêt pour les grands rendez-vous sportifs. C’est logique. Mais les images de chiens laissés dans des cages ou retrouvés morts ont frappé l’opinion. Elles font tache. Elles créent un contraste brutal entre le discours officiel et ce que certaines vidéos montrent.

Quand un pays prépare une Coupe du monde, il regarde souvent ses stades, ses routes et ses hôtels. Mais il doit aussi regarder ce qu’il fait aux plus vulnérables, humains ou animaux. C’est là que le débat devient plus grand que le sport. Il parle de société, de choix publics et de dignité.

Ce que les défenseurs des animaux demandent vraiment

Les associations ne réclament pas un simple coup de communication. Elles veulent des moyens, de la transparence et une stratégie durable. Elles demandent que les chiens soient stérilisés, vaccinés et suivis, pas simplement supprimés.

Elles rappellent aussi une chose très simple : un animal errant n’est pas un objet qu’on déplace quand il gêne. C’est un être vivant, souvent né dans la rue à cause de décisions humaines anciennes. La vraie question n’est donc pas seulement “que faire des chiens ?” mais “comment en est-on arrivé là ?”

Un sujet qui oblige à regarder autrement

Cette affaire dérange, parce qu’elle ne laisse pas de place au confort. Elle oblige à choisir entre l’apparence et la solution de fond. Entre la peur immédiate et la gestion patiente. Entre le silence et la responsabilité.

Au fond, ce dossier raconte quelque chose de très humain. Quand un problème devient visible, on veut parfois le faire disparaître vite. Mais les rues ne deviennent pas plus justes pour autant. Et les animaux, eux, restent souvent les premiers à payer le prix.

Ce que vous pouvez retenir

  • Le Maroc est accusé par plusieurs associations de tuer massivement des chiens errants.
  • Le problème vient aussi des abandons et du manque de stérilisation.
  • La méthode TNVR est présentée comme l’alternative la plus durable.
  • Le débat mêle sécurité publique, santé, bien-être animal et image internationale.
  • À l’approche de la Coupe du monde, la pression sur ce sujet ne risque pas de retomber.

Le dossier est sensible, et il le restera encore longtemps. Mais une chose est sûre : plus on avance vers les grands événements, plus la question des chiens errants devient impossible à cacher. Et peut-être est-ce déjà un tournant.

Philippe Garnier
Philippe Garnier

Je suis cuisinier formé à l’Institut Paul Bocuse et ancien chef de partie au Bistrot Paul Bert à Paris. J’écris sur gastronomie française et voyages gourmands depuis plus de dix ans. J’aime tester chaque adresse et recette avant d’en parler.

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