La Chaîne des Puys célèbre l’année internationale du pastoralisme : voici pourquoi

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Dans la Chaîne des Puys, les volcans ne racontent pas seulement une histoire de roche et de lave. Ils racontent aussi celle des troupeaux, des bergers et d’un savoir-faire très ancien qui continue de façonner le paysage aujourd’hui. C’est tout le sens de cette année internationale du pastoralisme célébrée dans le Puy-de-Dôme.

Un paysage ouvert grâce aux animaux

Quand vous regardez les reliefs de la Chaîne des Puys, vous voyez sans doute des prairies, des pentes, des chemins et des vues immenses. Mais derrière cette beauté simple se cache un travail discret. Depuis environ 6 000 ans, le pâturage entretient ces espaces volcaniques et empêche la nature de tout refermer.

Sans les animaux, les herbes hautes, les broussailles et les jeunes arbres avanceraient vite. Le paysage changerait. Il deviendrait plus fermé, moins lisible, et certaines espèces animales et végétales y perdraient leur place. C’est pour cela que le pastoralisme reste si important, même à notre époque.

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Pourquoi le pastoralisme compte encore aujourd’hui

On pourrait croire qu’il s’agit d’une pratique du passé. En réalité, c’est tout l’inverse. Le pastoralisme répond à des besoins très actuels, à commencer par la biodiversité et la prévention des incendies.

Des prairies entretenues par les troupeaux restent ouvertes et riches en fleurs. Elles abritent aussi des insectes, des oiseaux et toute une vie qu’on ne remarque pas toujours. En plus, des terrains bien pâturés limitent l’accumulation de végétation sèche, ce qui réduit certains risques en période chaude.

Il y a aussi un autre enjeu, plus humain. Le pastoralisme soutient les circuits courts, l’élevage local et l’emploi en zone rurale. Autrement dit, il ne protège pas seulement la nature. Il fait vivre un territoire.

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Une activité qui demande des moyens et des liens

Dans le Puy-de-Dôme, une partie du pastoralisme repose sur des terrains privés. Certains propriétaires ne savent même pas qu’ils possèdent une parcelle concernée. C’est là que les collectivités entrent en jeu. Le Conseil départemental et le Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne travaillent pour remettre ces terrains en relation avec des éleveurs.

Le message est clair. Sans accompagnement, certains espaces resteraient à l’abandon. Et quand une parcelle s’éloigne du pâturage, il devient plus difficile de la rouvrir ensuite. Le lien entre propriétaires, bergers et institutions devient alors essentiel.

Le troupeau mobile, une idée simple et très utile

En 2015, le Lycée agricole de Rochefort-Montagne et le Département ont créé un troupeau mobile. Au départ, il comptait une cinquantaine d’animaux. Aujourd’hui, il rassemble environ 200 brebis.

Son rôle est malin. Il permet d’entretenir des sites où il n’y a pas d’éleveur installé sur place. Ces brebis vont là où le besoin est le plus fort, en attendant qu’une reprise puisse être organisée. C’est un peu comme une solution de secours, mais une solution qui fonctionne vraiment.

Dans la Chaîne des Puys, on compte aujourd’hui environ 10 000 brebis réparties sur le territoire. Près de 2 000 se trouvent sur le seul site du Puy-de-Dôme. Et sept bergers travaillent à temps plein pour gérer ces troupeaux dans les estives. Le mot paraît ancien. Pourtant, il décrit très bien une réalité bien vivante.

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Des vaches aussi participent à l’entretien des volcans

Le pastoralisme ne concerne pas seulement les brebis. Des troupeaux bovins interviennent aussi dans l’entretien des espaces, notamment du côté de Saint-Ours-les-Roches. Cette diversité est importante, car chaque animal a sa manière de pâturer et donc de façonner le terrain.

Cette présence animale donne au paysage un équilibre particulier. Elle permet de maintenir des zones ouvertes, tout en laissant une place à la flore locale. C’est une forme d’entretien naturel, patiente et précise. On est loin d’un simple décor de carte postale.

Une année d’événements pour mieux comprendre ce patrimoine

Pour mettre ce patrimoine en valeur, le Conseil départemental et le Parc des Volcans d’Auvergne proposent toute une série d’animations. Expositions, conférences, balades commentées et rencontres avec des éleveurs rythmeront l’année. L’idée est simple. Faire découvrir le pastoralisme au grand public, sans le rendre compliqué.

L’exposition Chaîne des Puys, terre de pastoralisme se tient du 13 mai au 31 décembre 2026 à la Maison de site du puy de Dôme, à Orcines. L’accès est libre aux horaires d’ouverture. Vous y trouverez un parcours immersif avec une roulotte de berger réhabilitée, des objets anciens, des archives et toute une histoire à parcourir.

Plusieurs rendez-vous complètent le programme :

  • 30 mai 2026 à Aydat, au Puy de la Rodde, avec une balade sur le sylvopastoralisme
  • 13 juin 2026 au lac de Guéry, avec une découverte des prairies fleuries et de la gentiane jaune
  • 27 juin, 15 juillet et 25 août 2026 au pied du puy de Dôme, avec des balades commentées sur le pastoralisme d’hier à aujourd’hui

Ce que chacun peut faire sur place

Le président du Conseil départemental le rappelle avec force. La Chaîne des Puys n’est pas un espace de liberté totale. C’est un milieu partagé, souvent privé, que l’on traverse avec respect. Cela veut dire rester sur les chemins, tenir les chiens en laisse, refermer les clôtures et faire attention aux chiens de protection.

Ce sont des gestes simples. Pourtant, ils changent tout. Ils protègent les troupeaux, évitent les accidents et montrent qu’un lieu vivant demande aussi de la responsabilité. En somme, visiter la Chaîne des Puys, c’est profiter d’un privilège. Pas d’un droit sans limite.

Un patrimoine vivant à transmettre

Le pastoralisme n’est pas un souvenir. C’est un patrimoine vivant, qui évolue, s’adapte et continue de rendre service. Il protège les paysages, soutient l’économie locale et maintient un lien fort entre les habitants, les éleveurs et la montagne.

Et c’est peut-être cela qui frappe le plus. Derrière les volcans, il y a des gestes modestes, répétés chaque jour. Des animaux qui passent. Des clôtures qu’on ferme. Des prairies qui restent ouvertes. Une mémoire ancienne qui reste utile. Voilà pourquoi cette célébration a du sens, aujourd’hui plus que jamais.

Philippe Garnier
Philippe Garnier

Je suis cuisinier formé à l’Institut Paul Bocuse et ancien chef de partie au Bistrot Paul Bert à Paris. J’écris sur gastronomie française et voyages gourmands depuis plus de dix ans. J’aime tester chaque adresse et recette avant d’en parler.

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