Dans la Marne, il photographie les oiseaux pour la LPO : la biodiversité guide chacun de ses clichés

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Dans la Marne, Thierry Nava ne se contente pas de prendre de belles images. À travers son objectif, il raconte aussi un monde fragile, parfois discret, mais essentiel. Chaque oiseau photographié devient une petite victoire pour la biodiversité.

Une passion née du regard et de la patience

Photographe à la retraite, Thierry Nava a trouvé dans les oiseaux bien plus qu’un sujet de photo. Il y voit une manière de comprendre la nature, presque comme on ouvre un livre plein de surprises. « C’est découvrir la complexité de la nature », explique-t-il simplement.

Ce qui le fascine, ce sont les comportements, les habitudes, les relations entre les espèces. Un oiseau ne bouge jamais pour rien. Il observe, il attend, il s’envole, il revient. Et derrière ce ballet, il y a tout un équilibre à saisir.

Pour aller plus loin, Thierry s’est équipé d’un téléobjectif de 800 mm. Un outil impressionnant, mais utile pour une raison très simple. Il permet de rester à distance et de ne pas déranger les animaux pendant les prises de vue.

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La LPO, un réseau précieux pour photographier sans déranger

Thierry Nava adhère à la LPO, la Ligue pour la protection des oiseaux. Pour lui, ce n’est pas seulement une association. C’est aussi un lien humain, un moyen de sortir de l’isolement et de rencontrer des personnes qui partagent les mêmes préoccupations.

Dans son village, il se sentait parfois un peu seul face à ses envies de préserver le vivant. Avec la LPO, il a trouvé un réseau. Un groupe qui échange, qui signale les observations et qui aide à repérer les oiseaux du territoire.

Ce fonctionnement ressemble presque à une chaîne de solidarité. Un adhérent voit un oiseau rare à un endroit précis, Thierry est prévenu, puis il peut aller sur place. Cela lui permet de compléter sa photothèque, mais aussi de mieux connaître les espèces locales.

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Les busards, ces oiseaux qui demandent du temps

Tous les oiseaux ne se laissent pas photographier avec la même facilité. Les passereaux des jardins sont plutôt accessibles. Ils viennent près des maisons, bougent souvent, et se montrent plus volontiers.

Les busards, en revanche, sont bien plus difficiles à saisir. Thierry Nava parle même d’une vraie fixation sur ces oiseaux. Il sait qu’il doit compter sur plusieurs personnes pour savoir où les trouver. La chasse à l’image devient alors une affaire de patience, de chance et de réseau.

Il raconte avoir enfin photographié, pour la première fois depuis 10 ans, un couple de busards cendrés. Un moment rare, précieux, presque comme une récompense après une longue attente. Ce genre de scène donne tout son sens à sa démarche.

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Photographier, c’est aussi protéger un peu

Pour Thierry Nava, faire des photos ne suffit pas à lui seul. Mais cela peut participer à quelque chose de plus grand. Il parle d’un territoire marqué par le désert agro-industriel briard, une image forte qui dit bien le manque de vie qu’il observe autour de lui.

Face à cela, il existe des personnes qui résistent à leur façon. Des habitants, des bénévoles, des passionnés, qui essaient de préserver un peu de biodiversité. Thierry se sent porté par cette énergie discrète mais réelle. Et selon lui, « ça marche ».

Ce regard est important. Il montre que l’engagement écologique ne passe pas seulement par les grands discours. Il passe aussi par des gestes simples, répétés, concrets. Observer, signaler, protéger, photographier sans déranger. Parfois, c’est déjà beaucoup.

Un travail utile pour la recherche sur les insectes

La démarche de Thierry Nava ne s’arrête pas à l’image. Il participe aussi à une recherche universitaire française qui cherche à mesurer la présence des insectes. Et les résultats donnent à réfléchir.

Depuis 2017, cette étude met en évidence une baisse de 20 % des insectes. C’est énorme. Et cela concerne directement les oiseaux, car beaucoup d’entre eux se nourrissent d’insectes. Le lien est donc immédiat entre la disparition de ces petites espèces et la santé des populations d’oiseaux.

On comprend alors pourquoi ses photos ont une portée plus large. Elles ne montrent pas seulement un plumage ou une posture. Elles rappellent qu’un oiseau vit dans un milieu entier. Si ce milieu s’appauvrit, l’oiseau disparaît aussi peu à peu.

Ce que son histoire nous apprend, à nous aussi

L’histoire de Thierry Nava parle de passion, bien sûr. Mais elle parle aussi d’attention et de respect. Dans un monde où tout va vite, il choisit de regarder longuement. De patienter. De s’approcher sans envahir.

Et c’est peut-être cela, au fond, qui touche le plus. Ses photos ne cherchent pas seulement à séduire. Elles cherchent à montrer ce qui existe encore, ce qui mérite d’être vu et protégé. Un oiseau dans la lumière du matin, un vol au ras des champs, un couple de busards enfin aperçu.

Son travail rappelle une chose simple. La biodiversité n’est pas un mot abstrait. Elle est là, tout près, dans les jardins, les champs, les haies et les silences. Il suffit parfois d’un regard patient pour s’en souvenir.

Philippe Garnier
Philippe Garnier

Je suis cuisinier formé à l’Institut Paul Bocuse et ancien chef de partie au Bistrot Paul Bert à Paris. J’écris sur gastronomie française et voyages gourmands depuis plus de dix ans. J’aime tester chaque adresse et recette avant d’en parler.

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