Ces mouches déguisées en guêpes et en abeilles envahissent nos jardins : voici ce qu’elles sont

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Vous en avez sûrement déjà vu, sans vraiment savoir ce que c’était. Une petite bête jaune et noire, en vol stationnaire au-dessus des fleurs, qui ressemble à une guêpe mais qui ne cherche pas du tout à vous attaquer. En réalité, ce que vous observez est souvent un syrphe. Et la surprise est de taille : cette mouche déguisée est bien plus utile qu’elle n’en a l’air.

Des mouches qui imitent les guêpes et les abeilles

Le syrphe fait partie des mouches, même s’il a tout d’un insecte trompeur. En France, il existe plus de 500 espèces différentes. Certaines sont minuscules. D’autres paraissent presque imposantes, au point de rappeler un frelon.

Ce qui frappe d’abord, c’est leur apparence. Jaune, noir, parfois brun, parfois très fin, parfois trapu. On les confond facilement avec des abeilles ou des guêpes. Et c’est bien normal. La nature adore ce genre de camouflage.

Leur vol est aussi très particulier. Elles peuvent rester immobiles dans l’air quelques secondes, comme suspendues au-dessus d’une fleur. Ce mouvement attire l’œil. Il intrigue aussi beaucoup de jardiniers qui croient voir un insecte dangereux.

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Pourquoi ces mouches ressemblent-elles à des guêpes

La réponse est simple. Elles se déguisent pour se protéger. Les guêpes et les abeilles peuvent piquer. Les syrphes, eux, n’ont pas ce dard venimeux. Alors, en copiant leurs couleurs, ils découragent les prédateurs.

C’est un peu comme porter un faux uniforme pour avoir l’air plus fort. Cela peut sembler étrange, mais dans la nature, cette stratégie marche très bien. Le syrphe joue les imitateurs. Et il évite ainsi bien des dangers.

Pour les reconnaître, observez quelques détails. Les syrphes n’ont qu’une seule paire d’ailes. Les abeilles et les guêpes en ont deux. Ils n’ont pas non plus les longues antennes que l’on voit souvent chez ces dernières. Leur corps est aussi moins marqué à la taille.

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Les syrphes, des alliés précieux au jardin

Voici la partie la plus intéressante. Ces insectes ne sont pas seulement inoffensifs. Ils rendent aussi de vrais services dans votre jardin. Leurs larves, par exemple, mangent les pucerons. Et cela change tout pour les plantes.

Les pucerons peuvent vite envahir les rosiers, les tomates ou les jeunes pousses. En quelques jours, une plante peut sembler fatiguée, collante, affaiblie. Les larves de syrphes aident à limiter cette invasion sans produit chimique. Elles agissent comme un petit régulateur naturel.

Les adultes, eux, se nourrissent surtout de nectar et de pollen. Ils participent donc aussi à la pollinisation. En se posant de fleur en fleur, ils transportent du pollen et aident les plantes à se reproduire. C’est discret, mais très utile.

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Faut-il avoir peur quand on en voit un près de soi

Pas du tout. Si vous voyez un syrphe près de votre visage ou au-dessus d’une plate-bande, il n’y a aucune raison de paniquer. Il ne vous piquera pas. Il ne vous poursuivra pas. Il cherche surtout une fleur, un peu de nectar, ou un endroit tranquille pour se poser.

Beaucoup de personnes réagissent pourtant par réflexe, en faisant un geste brusque. C’est dommage, car cet insecte est un allié. Il n’a rien d’agressif. Il profite juste du jardin, comme vous, à sa manière.

Comment favoriser leur présence dans votre jardin

Si vous aimez les jardins vivants, les syrphes ont besoin de vous. La première chose à faire est simple. Laissez quelques fleurs s’épanouir. Les syrphes aiment les espaces riches en nectar. Sans fleurs, ils disparaissent vite.

Il est aussi utile de limiter les insecticides. Ces produits détruisent souvent bien plus que les pucerons. Ils touchent aussi les insectes utiles, y compris les syrphes. À force de vouloir tout nettoyer, on finit par casser l’équilibre naturel.

Vous pouvez aussi varier les plantes. Les syrphes apprécient les fleurs ouvertes et faciles d’accès, comme l’aneth, le fenouil, la coriandre, la phacélie ou certaines marguerites. Un jardin diversifié attire plus d’insectes utiles. Et il devient plus résistant.

Le piège à éviter au printemps

Le printemps est une période clé pour les syrphes. Ils sont très actifs au moment où les fleurs abondent. Mais c’est aussi la saison des tontes et des fauches. Et là, le problème arrive vite.

Quand on coupe trop court ou trop souvent, on supprime les fleurs. Or, sans fleurs, les syrphes n’ont plus de nourriture. Leur présence baisse alors très vite. Ce geste, banal en apparence, peut avoir de grosses conséquences pour la vie du jardin.

Si vous le pouvez, gardez donc un coin un peu plus sauvage. Même petit. Quelques tiges fleuries, un espace non tondu, un massif qui vit sa vie. Cela suffit souvent à relancer toute une petite chaîne naturelle.

Ce qu’il faut retenir si vous en croisez un

La prochaine fois que vous verrez une petite mouche jaune et noire sur une fleur, regardez-la autrement. Ce n’est probablement pas une guêpe. C’est peut-être un syrphe, un insecte discret, utile et totalement inoffensif.

Il imite les insectes qui piquent. Il protège ainsi sa peau, si l’on peut dire. Mais surtout, il aide votre jardin à rester plus sain, avec moins de pucerons et plus de pollinisation. Ce n’est pas rien.

Dans un monde où l’on cherche souvent à éliminer tout ce qui bouge, le syrphe rappelle une chose simple : certains insectes qu’on craint un peu sont en réalité de précieux alliés.

Philippe Garnier
Philippe Garnier

Je suis cuisinier formé à l’Institut Paul Bocuse et ancien chef de partie au Bistrot Paul Bert à Paris. J’écris sur gastronomie française et voyages gourmands depuis plus de dix ans. J’aime tester chaque adresse et recette avant d’en parler.

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