Le marché de la pomme de terre reste sous tension en 2025, et les chiffres publiés par l’UNPT donnent enfin un éclairage plus net. Oui, les stocks existent encore. Oui, ils pèsent sur les prix. Mais la réalité est plus nuancée que l’image d’un énorme excédent qui bloquerait tout le secteur.
Des stocks encore présents, mais à regarder avec prudence
Fin avril, l’UNPT estime que les stocks bruts de pommes de terre représentent un peu plus de 20 % de la production totale. C’est plus que l’an dernier à la même période, où le niveau tournait autour de 17 %. C’est aussi au-dessus d’une campagne jugée plus équilibrée, proche de 16 %.
Ces chiffres montrent une chose simple. La campagne 2025 n’est pas une campagne ordinaire. Elle se distingue par une production très élevée, mais aussi par une situation commerciale plus instable que prévu.
Pourquoi la campagne 2025 a basculé
Selon l’UNPT, plusieurs facteurs se sont accumulés. D’abord, il y a eu l’arrivée massive de nouveaux producteurs sur le segment industrie. Ensuite, certains opérateurs ont refusé des volumes ou repoussé des enlèvements. Résultat, des pommes de terre qui étaient jusque-là contractualisées sont revenues, au moins en partie, sur le marché libre.
Et là, tout change. Sur un marché comme celui de la pomme de terre, quelques points de surplus suffisent à faire chuter les prix. C’est brutal. C’est rapide. Et cela crée un effet boule de neige qui inquiète toute la filière.
Le million de tonnes de surplus : une lecture à remettre dans son contexte
Le chiffre d’un million de tonnes de surplus a beaucoup circulé. Il frappe l’esprit. Il impressionne. Mais l’UNPT rappelle qu’il correspond davantage au surplus global de production nationale en début de campagne qu’aux volumes encore réellement en stock aujourd’hui.
Autrement dit, tout n’est pas encore là. Une partie de ces volumes a déjà été orientée vers d’autres débouchés. Le stock restant est donc bien inférieur à ce niveau, même s’il continue de peser sur le marché.
Où vont les volumes encore excédentaires
Les volumes qui restent trouvent peu à peu leur place ailleurs. Une partie part vers l’alimentation animale. Une autre est envoyée à la méthanisation. Il y a aussi des dons et de la gestion sur exploitation, dans le respect du protocole sanitaire CNIPT-GIPT-UNPT.
Ce n’est pas une solution miracle, mais cela permet d’éviter le blocage total. Dans une période aussi tendue, chaque débouché compte. Chaque sortie de stock soulage un peu la pression.
Le frais respire un peu en fin de campagne
Il y a tout de même un point plus encourageant. En cette fin de campagne, certains courants d’affaires repartent, surtout dans le marché du frais. Et ce détail compte beaucoup, car les stocks y sont loin d’être excessifs.
Le contraste est intéressant. Alors que l’industrie subit de fortes tensions, le frais montre davantage de souplesse. Cela prouve que le marché de la pomme de terre ne se lit jamais en une seule ligne. Il faut toujours regarder les débouchés séparément.
Pourquoi quelques points de surplus suffisent à faire mal
Dans l’absolu, quelques pourcents de trop peuvent sembler peu. Dans la vraie vie du marché, c’est énorme. Une petite surcharge suffit à déclencher une baisse des prix, à ralentir les achats et à bloquer les sorties.
Pour les producteurs, c’est souvent le moment le plus frustrant. La récolte a été faite. Les volumes sont là. Mais la valeur, elle, s’effrite vite. C’est ce décalage qui explique la violence de la crise actuelle.
Ce qu’il faut retenir pour comprendre la situation
Le message de l’UNPT est clair. Il existe encore des stocks importants de pommes de terre en 2025, mais pas au niveau du million de tonnes évoqué ici ou là. La situation reste tendue, surtout à cause d’une offre trop abondante et d’un marché libre très sensible.
En même temps, la sortie progressive des volumes montre que la campagne n’est pas figée. Les débouchés alternatifs jouent leur rôle. Le frais redonne un peu d’air. Et cela suffit déjà à nuancer le tableau.
Un marché fragile, mais pas totalement bloqué
Au fond, cette campagne rappelle une vérité souvent oubliée. Sur la pomme de terre, tout peut basculer très vite. Une récolte forte, quelques reports, des refus de livraison, puis les prix décrochent. Rien de spectaculaire au départ. Et pourtant, l’effet final est massif.
Pour les semaines qui viennent, l’enjeu sera simple. Continuer à écouler les derniers volumes sans casser davantage le marché. Pas facile. Mais c’est là que se joue l’équilibre de toute la filière.






