Du PVC et du polystyrène retrouvés dans des terreaux de jardinage, voici ce que révèle l’enquête

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On croit souvent acheter un simple terreau. En réalité, on peut aussi ramener chez soi des résidus de plastique presque invisibles. L’enquête de A Bon Entendeur montre que le problème est bien plus concret qu’il n’y paraît, surtout si vous jardinez pour récolter des légumes.

Ce que révèle vraiment le test sur les terreaux

Six terreaux universels sans tourbe vendus en Suisse romande ont été analysés. Le laboratoire a cherché des fragments de plastique très petits, entre 0,027 et 1 millimètre. Résultat: un produit était totalement exempt de microplastiques. Il s’agit du terreau vendu chez Hornbach, aussi le moins cher du test.

À l’autre bout du classement, deux produits ont été jugés insuffisants. Le terreau bio de Schilliger contenait une quantité importante de plastique, avec notamment du PVC. Le produit Obi affichait aussi des niveaux élevés, avec beaucoup de PVC et de polystyrène.

Entre les deux, le terreau Mioplant de Migros a obtenu une bonne appréciation. Il contenait seulement de très faibles quantités de deux plastiques jugés moins préoccupants pour la santé. Les terreaux Capito de Landi et Compo Bio de Jumbo se situaient plutôt dans la zone grise, avec davantage de plastique, dont du polystyrène.

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Pourquoi ces microplastiques inquiètent autant

Le sujet n’est pas seulement esthétique. Selon la doctorante Fanny Berset, ces particules peuvent être absorbées par les plantes si elles sont assez fines. Elles peuvent ensuite se retrouver dans le système racinaire, puis dans les fruits et les légumes que vous mangez.

La suite inquiète encore plus. Une fois dans l’organisme, certains microplastiques pourraient passer des intestins vers les organes internes et le sang. Les effets exacts restent encore étudiés, mais le simple fait de les retrouver là où ils n’ont rien à faire pose déjà question.

Le mot microplastiques est devenu courant, mais on oublie souvent leur passage discret. Ils ne se voient pas toujours. Ils ne sentent rien. Et pourtant, ils s’accumulent peu à peu dans l’environnement, puis dans la chaîne alimentaire.

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D’où viennent ces plastiques dans le terreau

Le problème commence souvent bien avant le sac de terreau. À Bernex, le centre de compostage de Châtillon reçoit des déchets verts qui contiennent aussi des déchets indésirables. On y retrouve des sacs plastiques, des bouchons de PET et même des capsules de café.

Malgré le tri et plusieurs passages dans les machines, une partie de ces éléments reste dans la matière finale. Le compost ou le terreau fabriqué à partir de ces déchets peut donc garder des traces de plastique. C’est un peu le paradoxe du jardinage propre: on nourrit la terre avec des matières recyclées, mais si le tri est mauvais, on y ajoute aussi des polluants.

La norme suisse impose que le compost vendu ne dépasse pas 0,1 % de plastique. Mais cette limite ne couvre pas les microplastiques invisibles à l’œil nu. Autrement dit, le problème peut rester caché même quand le produit semble correct au premier regard.

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Ce que vous pouvez faire avant d’acheter

Vous n’avez pas besoin d’abandonner votre potager. En revanche, vous pouvez choisir plus prudemment. Le premier réflexe est de lire les informations sur l’emballage et de privilégier les produits qui indiquent une origine claire des matières premières.

Si votre but est de cultiver des légumes, évitez les terreaux dont les analyses ou les retours consommateurs signalent trop de plastique. Le test rappelle aussi qu’un prix bas n’est pas toujours un mauvais signe. Ici, le produit le moins cher était justement le plus propre sur ce point.

  • Vérifiez la présence de labels et l’origine du terreau
  • Évitez les produits dont les déchets verts proviennent de sources peu contrôlées
  • Si possible, favorisez un terreau fabriqué localement avec un suivi transparent
  • Pour les semis et les légumes, soyez encore plus attentif à la qualité du substrat

Le tri à la source, la vraie clé du problème

Les spécialistes sont clairs: la meilleure solution reste le tri à la source. Si les déchets végétaux sont mélangés avec du plastique dès le départ, il devient presque impossible de tout retirer ensuite. Les machines font leur possible, mais elles ont leurs limites.

Le message de fond est assez simple. Un bon terreau ne dépend pas seulement de sa marque ou de son prix. Il dépend aussi de la qualité des déchets utilisés, du tri, et du contrôle tout au long de la chaîne.

Pour vous, cela veut dire une chose très concrète: avant de remplir vos bacs, regardez le contenu du sac avec autant d’attention que vous en mettez à choisir vos graines. C’est souvent là que la différence se joue.

Faut-il s’inquiéter pour son potager

Pas de panique, mais pas d’aveuglement non plus. Ce test montre qu’il existe de vraies différences entre les produits. Certains terreaux semblent nettement plus propres que d’autres. D’autres, en revanche, devraient inciter à la prudence, surtout pour les cultures destinées à être mangées.

Le jardinage reste une activité saine, utile et précieuse. Mais cette enquête rappelle une chose importante: même la terre peut cacher ce que l’on ne voit pas. Et dans un potager, ce détail change tout.

Philippe Garnier
Philippe Garnier

Je suis cuisinier formé à l’Institut Paul Bocuse et ancien chef de partie au Bistrot Paul Bert à Paris. J’écris sur gastronomie française et voyages gourmands depuis plus de dix ans. J’aime tester chaque adresse et recette avant d’en parler.

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