Tomates du Vézuve, « couilles de taureau », tomates fraise… Ces fruits renaissent au potager près de Cerizay

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Il y a des jardins qui surprennent dès le premier regard. Près de Cerizay, celui de Marie et René-Paul Fazilleau attire chaque année des milliers de curieux avec ses tomates anciennes, ses formes étranges et ses noms parfois carrément inattendus. Entre les tomates du Vésuve, les “couilles de taureau” et les tomates fraise, on ne vient pas seulement acheter des plants. On vient retrouver un goût perdu, une histoire, et un petit frisson de curiosité.

Un potager devenu rendez-vous incontournable

Depuis quatorze ans, le succès ne faiblit pas. Chaque printemps, le potager d’autrefois de Marie et René-Paul Fazilleau ouvre ses portes pour deux jours de vente et de conseil. Les passionnés de variétés anciennes notent la date bien avant l’arrivée de mai.

Cette année encore, l’événement est prévu les samedi 9 et dimanche 10 mai 2026. Et ce n’est pas un simple marché de plants. C’est un lieu où l’on échange des astuces, des souvenirs et souvent un vrai coup de cœur pour une variété oubliée.

Sur place, on croise autant des jardiniers aguerris que des débutants. Certains repartent avec trois plants. D’autres avec des paniers entiers. Et presque tout le monde pose la même question : pourquoi ces tomates anciennes ont-elles autant de succès alors qu’elles sont parfois plus fragiles que les variétés modernes ?

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Pourquoi ces tomates anciennes fascinent autant

La réponse tient en un mot : le goût. Beaucoup de personnes ont l’impression d’avoir retrouvé la vraie tomate, celle qui sent bon, qui a de la chair, et qui ne ressemble pas à une boule d’eau sans saveur. C’est souvent la première surprise.

Marie Fazilleau s’est passionnée très tôt pour les tomates d’avant 1880, avant l’arrivée massive de l’hybridation. Cette passion personnelle a fini par gagner tout le monde autour d’elle. D’abord René-Paul. Puis les amis. Puis des centaines de visiteurs, puis des habitués venus de loin.

Ce qui plaît aussi, c’est la diversité. Une tomate peut être rouge, jaune, verte, tigrée, allongée, aplatie, minuscule ou énorme. Certaines semblent presque trop belles pour être vraies. D’autres ont un nom qui fait sourire avant même la première bouchée.

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Des noms qui font sourire et donnent envie de goûter

Le potager des Fazilleau joue aussi avec l’étonnement. Les noms de certaines variétés réveillent immédiatement la curiosité. La tomate du Vésuve évoque la puissance, la chaleur, presque une promesse de soleil. La tomate fraise intrigue par sa forme, entre fruit et légume. Et les fameuses “couilles de taureau” ne laissent personne indifférent.

Ces noms amusent, mais ils racontent aussi une réalité simple : la nature ne rentre pas dans les cases. Dans un potager ancien, on découvre des fruits qui ont des formes inattendues, des peaux fines, des parfums marqués. Rien à voir avec les tomates uniformes du supermarché.

Et c’est peut-être là le vrai plaisir. Vous venez pour quelques plants. Vous repartez avec l’envie de tester, de comparer, de goûter à l’aveugle. Une tomate bien mûre peut suffire à faire changer toute une saison au jardin.

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Ce que vous pouvez attendre sur place

Le rendez-vous des Fazilleau n’est pas seulement une vente. C’est aussi un moment de conseil. Les visiteurs posent leurs questions sur la plantation, l’arrosage, la taille, les maladies ou la récolte. Et cela compte beaucoup, surtout quand on débute avec des tomates anciennes.

Voici ce que vous pouvez généralement rechercher lors de ce type de rencontre :

  • des plants de variétés rares ou atypiques
  • des conseils simples pour réussir la culture
  • des idées pour choisir selon votre sol et votre climat
  • des échanges entre passionnés de jardin
  • des découvertes de goûts et de formes surprenantes

Le lieu prend alors des airs de petite fête du jardin. On parle semis, tuteurs, arrosage au pied, paillage, et on compare les récoltes de l’année précédente. C’est vivant, concret, et souvent très convivial.

Comment réussir vos tomates anciennes au potager

Si vous craquez pour ces variétés, il faut savoir une chose : elles demandent un peu d’attention. Mais rien d’insurmontable. Avec quelques gestes simples, vous pouvez obtenir de très beaux résultats, même dans un petit jardin.

Les gestes essentiels

Plantez vos tomates dans un endroit bien ensoleillé. Le sol doit être meuble et riche. Ajoutez du compost au moment de la plantation, environ 2 à 3 poignées par pied, pour aider la reprise.

Arrosez régulièrement, mais sans mouiller les feuilles. Visez environ 1 à 2 litres d’eau par pied selon la chaleur, puis ajustez selon la météo. Un paillage de 5 à 7 cm aide aussi à garder l’humidité plus longtemps.

Pensez à tuteurer dès le départ. Beaucoup de variétés anciennes donnent des fruits lourds ou fragiles. Un bon support évite la casse et garde les plants plus sains.

Ce qu’il faut éviter

N’arrosez pas trop d’un coup. Les tomates n’aiment pas les excès. Évitez aussi de serrer les plants. L’air doit circuler entre eux pour limiter les maladies.

Enfin, ne vous laissez pas décourager si la première année n’est pas parfaite. Les variétés anciennes ont parfois leur petit caractère. Mais c’est aussi ce qui les rend attachantes.

Un retour aux vraies saveurs

Si ce rendez-vous attire autant, ce n’est pas seulement à cause de la rareté des plants. C’est parce qu’il réveille une envie très simple : retrouver du vrai. Du goût. Des couleurs. Des produits qui racontent quelque chose.

Dans un monde où tout semble standardisé, ces tomates anciennes rappellent qu’un potager peut encore surprendre. Et parfois, il suffit d’un fruit étrange, d’un nom amusant ou d’un conseil glané au bord d’une serre pour donner envie de recommencer à jardiner autrement.

À Cerizay, les tomates ne sont pas juste des légumes d’été. Elles deviennent des histoires à planter. Et c’est peut-être pour cela qu’on y revient, année après année.

Philippe Garnier
Philippe Garnier

Je suis cuisinier formé à l’Institut Paul Bocuse et ancien chef de partie au Bistrot Paul Bert à Paris. J’écris sur gastronomie française et voyages gourmands depuis plus de dix ans. J’aime tester chaque adresse et recette avant d’en parler.

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